Ce que 2 514 km m'ont appris sur le code et la vie

Catégorie : Running | Temps de lecture : 4 min | Auteur : Jonathan JODAR | 13 Juin 2026

Je n'ai pas commencé à courir pour performer. J'ai commencé pour tenir. La performance est venue après.


Mai 2024. Vingt-trois ans de vie commune qui s'arrêtent. Je n'avais pas de projet sportif, pas d'objectif de chrono, pas d'application de coaching. J'avais besoin d'un endroit dans la semaine où avancer ne demandait aucune explication. Pas d'écran, pas d'interlocuteur, pas de question. Un effort à répéter, les yeux ouverts sur une route. J'ai chaussé des baskets. Et deux ans plus tard : 312 séances, 2 514 kilomètres, un semi-marathon, et un marathon en ligne de mire pour 2027.


Courir n'a pas tout réparé. Ça a maintenu le cap.

Les premières sorties étaient mauvaises. Lentes, essoufflées, sans rythme. C'est exactement ce qui m'a accroché. Dans une période où tout demandait du sens, la course n'en demandait aucun. On sort, on court, on rentre. La fatigue efface une partie du bruit. On recommence le lendemain.

Ce que j'ai compris progressivement, c'est que la régularité est une forme de réponse à tout. Pas une solution — une posture. Tant que tu sors le matin, quelque chose tient. Le code de l'après-midi se range mieux. Les décisions se prennent plus clairement.

Mon cerveau ne fonctionne pas comme celui de la plupart des gens. Les transitions sont plus difficiles, les zones d'hyperfocus plus intenses, la relation à la routine moins évidente. Profil neuroatypique. Pendant deux ans, j'ai couru sans mesurer ce que ça faisait à ma tête. Je le sentais, une clarté après la séance, un code plus propre le matin d'un run, mais je n'avais pas mis de mots dessus.

Ce n'est pas la discipline qui tient un cerveau atypique sur une ligne de départ. C'est une infrastructure construite en silence, kilomètre après kilomètre, sans qu'on le remarque avant d'en avoir besoin.


Le run du matin, la commit du midi — même règle

Il y a un livre qui a recâblé ma façon de courir et de coder en même temps : The One Thing de Gary Keller. Une seule question : "Quelle est la seule chose que je peux faire aujourd'hui qui rendra tout le reste plus facile ou inutile ?"

En running, ça donne un objectif par cycle. Pas améliorer le 10 km, augmenter le volume et préparer une distance plus longue en même temps. Une métrique. Une seule. Chaque séance a une réponse claire. En dev, même logique. Ma veille IA tourne autour d'un angle par mois. Ce site existe parce que j'ai refusé de construire deux autres projets en parallèle.

Le run du matin, la commit du midi, le sprint du soir : trois verbes qui obéissent à la même règle. On documente, on mesure, on recommence. Sans romantiser.


Les chiffres, sans fioritures

Deux ans de données agrégées, hors récupération et trail :

  • 312 séances de mai 2024 à juin 2026
  • 2 514 km parcourus, soit l'équivalent de 60 marathons
  • 216 heures de course cumulées
  • PB 5 km : 21'18" — 4'16"/km
  • PB 10 km : 47'37" — 4'46"/km
  • PB semi-marathon : 1h50'53" — 5'13"/km La Corrida d'Illkirch en décembre 2025 a été le vrai test. Deuxième semi-marathon, mur au kilomètre 14, plan raté, retour difficile. Et au lieu de lâcher, quelque chose a tenu. Deux ans de kilomètres avaient construit une force mentale sans que je la commande.

L'horizon : Paris 2027

42,195 km. Un dimanche d'avril. Premier marathon, Paris si j'ai un dossard, un autre dans la même fenêtre sinon. L'objectif n'est pas un temps de champion : finisher, sous les 4 heures.

La préparation sera documentée en public sur ce site, séances clés, plans, ratés compris. Pas pour faire du contenu. Pour rester honnête avec moi-même. Écrire ce qu'on vit oblige à voir ce qu'on fait vraiment.

Tout est lié. Le running a appris à coder plus proprement. Le code a appris à courir plus méthodiquement. Et les deux ont appris à construire quelque chose qui dure, pas spectaculairement, mais régulièrement.

- l'IA au service de l'Humain-