En bref. Je m'appelle Jonathan JODAR, développeur Front-End et créateur d'agents IA, et j'ai conçu et mis en production seul Prono Mundial, une plateforme de pronostics pour la Coupe du Monde 2026, avant le coup d'envoi du 11 juin. Pas une démo de portfolio : un produit réel, avec de vrais utilisateurs, construit avec la stack Symfony que j'utilise depuis six ans en agence et l'IA d'Anthropic en assistant de développement, jamais en gadget embarqué. C'est ce projet qui a donné naissance à ma méthode Product Builder.
- Stack 100 % web : Symfony 7, AssetMapper, Turbo, Twig et Tailwind.
- Aucun agent IA dans le produit : Claude Code pour coder, Claude Projects pour mes agents. L'IA a servi à construire, pas à faire tourner.
- 8 utilisateurs, et surtout 1 bêta-testeuse, ont fait passer le projet à l'échelle supérieure.
Le 11 juin 2026 à 20h, le premier match de la Coupe du Monde a été sifflé. À cet instant, Prono Mundial était en ligne, ouvert, fonctionnel, et des gens s'en servaient pour affronter leurs amis sur leurs pronos. Pas une maquette sur mon laptop : un produit en production, avec une date que je ne pouvais pas déplacer. J'ai construit ce projet en pleine autoformation sur les nouveaux métiers de l'IA, sans jamais lâcher la stack technique avec laquelle j'évolue depuis six ans en agence. L'objectif tenait en une phrase : trouver un vrai projet, le mettre en ligne, avec de vrais utilisateurs.
Le constat : un portfolio de démos ne prouve rien
On peut empiler les projets sur un portfolio. Un clone de plateforme connue, une todo-list soignée, une petite API de démonstration. Tout ça tourne en local, sans utilisateur, sans conséquence. Le jour où quelque chose casse, personne ne le voit. Un projet local prouve une seule chose : que je sais faire tourner du code sur ma machine. Il ne prouve pas que je sais livrer.
Mon objectif avec Prono Mundial était précisément là. Montrer qu'avec de la structure, une méthode et les bons outils, un développeur seul peut mettre en ligne un produit complet et complexe. Pas un CRUD de démonstration : cent quatre matchs, quarante-huit équipes, des ligues privées, un classement qui se recalcule à chaque sifflet final, un barème à multiplicateurs qui fait monter la tension du premier match de groupe jusqu'à la finale. De la vraie complexité, livrée par une seule personne, avant une date gravée dans le marbre.
Comment je l'ai construit : ma stack, augmentée par l'IA
Le cœur technique, c'est ma stack de toujours. Symfony 7 pour la robustesse du back-end, AssetMapper pour gérer les assets sans usine à gaz, Turbo pour la fluidité sans passer par une single-page application, Twig pour les vues et Tailwind pour une interface cohérente sans y engloutir des semaines. Rien d'exotique : les outils avec lesquels je livre depuis six ans en agence. La nouveauté n'était pas dans le produit, elle était dans ma manière de le construire.
Sur ce projet, l'IA d'Anthropic a joué le rôle d'assistant, jamais celui de fonctionnalité. Il n'y a aucun agent IA à l'intérieur de Prono Mundial. En revanche, j'ai codé toute la partie applicative avec Claude Code, et j'ai fait tourner mes propres agents dans Claude Projects, une organisation qui me coûte bien moins de tokens que de tout repasser en contexte à chaque requête. Cette distinction est le cœur de mon apprentissage : l'IA sert à construire plus vite et mieux, elle ne remplace ni le produit ni le développeur qui le pense.
C'est en formalisant cette méthode, ma stack augmentée par l'IA, que j'ai construit ma page Product Builder. Et pour ne rien perdre en route, je me suis appuyé sur tout ce que j'ai consigné dans ma boîte à outils, ma base de connaissances personnelle, celle qui transforme une intuition en process réutilisable.
Ce que ça change : la structure, et une bêta-testeuse
La première leçon est méthodologique. La structure fait le travail que la motivation seule ne fait jamais. Une date non négociable tue le perfectionnisme : tu tranches, tu priorises la fonctionnalité qui sert l'utilisateur du premier match plutôt que le refactoring élégant que personne ne verra. Avec la bonne méthode et l'IA en soutien, un profil complet, celui qui pense le produit, conçoit l'architecture, écrit le code et gère la mise en ligne, peut livrer seul ce qu'on croit réservé à une équipe.
La seconde leçon est humaine, et je ne l'avais pas anticipée. Le projet a réellement pris de l'ampleur après la mise en ligne, au contact de ses premiers utilisateurs. Huit personnes, et parmi elles Mag, ma bêta-testeuse, avec qui j'ai éprouvé l'application en conditions réelles, match après match. Huit utilisateurs, ce n'est pas un chiffre de croissance. C'est la preuve que le produit existe, qu'il est utilisé, et qu'il progresse au frottement du réel.
Car Prono Mundial n'est pas resté figé pendant la compétition. Il a évolué au fil du tournoi, de la phase de groupes jusqu'à la finale, chaque retour d'usage déclenchant un ajustement. Avec Mag, nous sommes allés plus loin : nous avons comparé trois applications de pronostics concurrentes pour identifier ce qui manquait vraiment à la nôtre. C'est là que j'ai touché du doigt la limite de l'IA. Claude Code m'écrit une fonctionnalité en quelques minutes, mais aucun modèle ne me dira laquelle mérite d'exister. Cette réponse vient du terrain : d'un comparatif fait à la main, et d'une personne qui utilise l'application pour de vrai et te dit ce qui l'agace.
Mon point de vue, après ce crash test : coder, tout le monde peut l'apprendre, surtout maintenant que l'IA écrit des fonctions à la demande. Livrer un produit réel, l'améliorer au contact de vrais utilisateurs, en gardant l'IA à sa place d'assistant, c'est un autre métier. Et c'est le seul qui compte.
Conclusion
Ce que je retiens de Prono Mundial ne tient pas dans une ligne de code. C'est la sensation du 11 juin à 20h, la plateforme en ligne, plus rien à ajouter parce que l'heure était passée. Et c'est surtout tout ce qui est venu après : les tests avec Mag, les évolutions livrées pendant le tournoi, les idées qu'aucun modèle ne m'aurait soufflées. L'IA m'a permis de construire vite. Ce sont les humains qui m'ont dit quoi construire. Un portfolio rassure. Un produit en production, avec sa date, ses utilisateurs et leurs retours, prouve. La prochaine fois qu'on me demandera ce que je sais faire, je n'aurai pas à l'expliquer. Il suffira d'ouvrir le site.
À creuser
- Sur la méthode née de ce projet : la méthode Product Builder
- Sur les rôles que j'explore en parallèle : le panorama Métiers de l'IA
- Ma base de connaissances : ma boîte à outils
- Le produit en conditions réelles : Prono Mundial
- Référence externe : la documentation officielle de Symfony